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L'ART DU COACHING par Jan ARDUI

Un processus de coaching au coeur de la relation entre Performance et Alignement

 
Cet article décrit un modèle de coaching original, puissant et de haut niveau, qui intègre les outils les plus performants de la PNL et qui est basé sur deux de ses présupposés fondamentaux : chacun à la capacité à apprendre par la modélisation, et toutes les ressources sont présentes dans le système qui pose problème. Ce modèle est unique par le lien constant qu'elle fait entre modélisation et coaching. En effet seule la modélisation permet d'identification de la structure d'une expérience, avec ses éléments essentiels de pensée et d'action, permettant de produire un résultat plus aligné et plus performant.

« Deux mots fortement en relation - l’ Alignement ET la Performance. me semblent cruciaux pour expliquer le processus de coaching :
La performance est en rapport avec la mise en oeuvre de stratégies efficaces, c’est-à-dire avec un rythme nécessaire et une élégance pour atteindre un but.
L’alignement est en rapport avec une « confusion » entre les niveaux d’identité et de comportements. L’alignement ou la congruence d’une personne est quelque chose qui se voit et qui se ressent, en créant un fort « pôle d’attraction ». Regardez Eric Clapton jouant de son instrument, il ne fait qu’un avec sa guitare !

Le coaching se trouve au milieu de ces deux composantes et le processus de coaching permet de travailler sur ces deux éléments en même temps, pour viser un alignement plus profond et une performance plus élevée.

Deux phrases de Grégory Bateson expriment bien ce que nous faisons dans un processus de coaching : « Ceux qui ignorent la possibilité de se tromper ne peuvent apprendre que la technicité » et « Une certaine liberté naît de la reconnaissance de ce qui est nécessairement présent. Après cela apparaît le savoir de comment agir ».

Au cours de la formation, je crée des expériences d’apprentissage dans lesquelles le coach en devenir peut se tromper. Une confrontation parfois difficile du sujet avec ses propres limites est nécessaire pour créer les conditions du travail sur l’alignement . La confrontation s’oppose au recadrage abondamment utilisé en PNL et qui permet d’éviter la confusion d’une prise de conscience d’un désalignement.

Le coaching et le processus de modélisation

La reconnaissance de ce qui est « nécessairement présent » s’apparente au processus de modélisation. Quand on modélise un expert, on se pose la question « Qu’est ce qui est nécessairement présent pour que cet expert puisse faire cela ? ».

Le processus de coaching commence avec un sujet qui se trouve face un grand défi et qui nécessite une attention particulière, ou avec un sujet qui est en train de se débattre avec un problème à résoudre. Dans les deux situations, on considère le sujet comme un expert, même en cas de non performance et de désalignement ! Devant un expert guitariste ou un expert en démotivation ou dépression, le coach se pose les mêmes questions qui sont au coeur de la modélisation : « comment fait cette personne pour arriver à ce résultat ? » , « Quels sont les éléments nécessairement présents pour que cette personne puisse aboutir à une performance ou une non performance ? » ; « Quels sont chez cette personne les éléments alignés ou désalignés ? »

La reconnaissance de ces éléments essentiels permet la création d’une « certaine liberté » et donne au coach une évaluation de la bonne progression de son travail. Un bon travail de modélisation permet de faire apparaître le savoir permettant de dépasser les relations dysfonctionelles entre performance et alignements qui créent et entretiennent le problème.

Distinguer le coaching du conseil ou de la thérapie

La thérapie s’intéresse à l’individu avec l’ensemble de ses identités de rôle et donc dans un contexte large, celui de sa vie. Le coaching se focalise sur une identité de rôle précise et un contexte précis. Je coache un manager, un athlète. Pour éviter que le coaching soit utilisé comme une thérapie cachée, un cadrage initial très clair est indispensable, formalisé par un contrat d’intervention.

Si la demande concerne un contexte professionnel, on est bien dans le cadre du coaching et si elle est transcontextuelle, elle concerne probablement une thérapie.
Le coaching est de plus un processus auto-généré dans lequel on présuppose que toutes les ressources sont présentes chez l’individu, ce qui n’est pas le cas avec la thérapie.
Le conseil s’intéresse plus à un système qu’à un individu, avec la proposition de mise en place de stratégies pour mieux fonctionner dans ce système. En tant que coach, il n’est pas nécessaire de proposer des stratégies.

Elever la performance et approfondir l’alignement


Performance
Expertise
Vouloir
Hardwork

Alignement
Congruence
Non Vouloir
Art work

La performance est en rapport avec le développement des schémas d’expertise et de la volonté : elle s’élève par la répétition (on devient un expert par la répétition) ; le raffinement des stratégies existantes ( l’organisation des étapes), la précision des objectifs et des buts à atteindre, la mise en place de stratégies auto-correctives (le sujet devient autonome dans l’évaluation de ses résultats et n’a plus besoin du coach), et le discernement (le sujet apprend à faire des distinctions plus fines au lieu de généraliser de façon transcontextuelle).
La dissociation (ou une méta position) est une compétence souvent utile pour développer la performance.

L’alignement est en rapport avec la reconnaissance de ce qui est nécessairement présent , le développement de la congruence et du « non vouloir » : elle s’approfondit par le plaisir et l’aisance dans l’action ( la non congruence est inconfortable), l’incarnation (être et devenir les modèles que l’on utilise), la reconnaissance de nos limites et de nos « échecs » (s’associer au problème).

L’association est ici indispensable pour développer l’alignement. L’alignement n’est donc pas quelque chose qui se décide ou qui s’installe par la pro-activité, mais qui peut être stimulé en sachant embrasser la complexité d’un système qui possède suffisamment d’intelligence pour savoir ou nous conduire.


Les trois phases du processus coaching

1. Etablir le rapport et définir les objectifs

Les objectifs précisent le défi à réaliser, le problème à résoudre.
Le rapport à établir dans le coaching est comme une danse entre la compassion (aimer les gens) et une impitoyabilité (faire bouger les gens pour dépasser les obstacles)
Le coach met en oeuvre les capacités clé pour la modélisation : la curiosité, la fascination à capter les schémas nécessaires à créer un système qui fait obstacle aux objectifs du sujet.

2. Associer le sujet avec l’espace problème

Mettre le sujet dans sa réalité

C’est une phase de défi que de mettre et maintenir l’autre dans la réalité de son espace problème, de l’associer avec ses symptômes. C’est une phase de confrontation en même temps impitoyable ET extrêmement bienveillante. La difficulté et l’inconfort de la découverte et de la reconnaissance d’un désalignement doit être accompagnée d’une forte présence du coach.
Sans cette implication ou association complète au problème, le sujet ne va pas bouger et il n’y a pas de changement génératif. Le changement reste superficiel ou génère une élévation de la performance à court terme et au prix d’un inconfort. Il est en effet douloureux d’élever la performance sans l’accompagner d’un approfondissement de l’alignement.

Trouver le principe d’organisation du problème

On recherche la structure profonde de l’espace problème, en découvrant la source d’un problème- « autour de quoi la performance et l’alignement actuel s’organisent » -et en touchant la chorégraphie, le mode de cristallisation, l’essence, le schéma qui connecte les éléments du problème. Quand on touche à cela, il y a quelque chose qui tombe.

Retrouver un point silencieux

C’est un moment de quelques secondes d’appréciation de la chorégraphie profonde découverte à l’étape précédente. Quelque chose de coincé depuis longtemps est enfin reconnu, de même que tous les schémas utilisés dans la vie professionnelle du sujet. Il est parfois émouvant de découvrir la beauté, l’aspect essentiel ou génial d’un espace problème. A partir de ce moment, les potentialités sont prêtes à se développer.

3. Transférer les ressources

Avec les étapes précédentes on a généré une auto-organisation d’apprentissage et le sujet a souvent fait de lui-même ce qui est nécessaire de faire.
Il est souvent utile de connecter la personne avec ses ressources dans les contextes professionnels qui font l’objet de la demande et de faire ainsi un pont sur le futur vers des comportements vérifiables et observables.

Le résultat attendu d'une formation au métier de coach

Les formations au métier de coach visent l'acquisition de compétences professionnelles de haut niveau, en vivant et en expérimentant ce qu'on apprend. Une certification atteste d'un niveau d'intégration des capacités et du rôle de coach. A l'issue de la formation, le stagiaire est soit totalement aligné avec son rôle de coach, ou alors il considère qu'il a beaucoup appris en refusant pour l'instant la congruence dans son rôle de coach, ou enfin reste hésitant par rapport à ce rôle.

C'est avant tout le stagiaire qui peut dire s'il se sent prêt à coacher et c'est surtout le nombre de clients qui dit si on est coach. L'investissement du coach dans une fonction se voit et se sent, et c'est le meilleur atout, bien au delà de toute certification, pour être un excellent coach professionnel.

Dépasser les outils pour élever une pratique au niveau d'un art

Le métier de coach peut donc devenir artistique quand on sait "toucher" chez l'autre la beauté et la singularité d'une chorégraphie, celle d'un espace problème figé, puis accepter le défi de confronter avec bienveillance l'autre dans sa réalité, et enfin connecter l'autre avec ses ressources pour résoudre l'interférence entre l'alignement du sujet et sa performance dans un système. C'est une co-création qui vise un changement génératif et durable. Sans alignement, la performance peut exister à court terme, mais de façon inconfortable ou parfois douloureuse.

Le coaching est un développement professionnel mesurable par une performance, avec des résultats attendus sur du court terme ( trois ou quatre sessions de « heures), bien distinct de la thérapie dans le sens ou on travaille sur une identité de rôle professionnel, et distinct du développement personnel dans la mesure ou ce dernier n'est qu'un moyen, non relié à une finalité.

Ce n'est pas la multitude des outils qui font le coach et si vous recherchez cette multitudes, c'est que vous vous cachez derrière ces outils. Ce n'est pas la caisse à outil qui fait le coach, mais le talent et la congruence de celui qui manie ces outils


* Jan ARDUI est Formateur en PNL certifié et formateur en Gestalt psychothérapie, Jan enseigne la PNL en Belgique, en France, en Italie, en Russie et en Indonésie. Il est en Belgique le Directeur de l'institut de PNL « Centre for Performance et Alignment ». Il intervient pour des entreprises tel que ING Assurances, Volvo, STBI, Yakult, Schweppes, l'Armée Belge, Hewlett Packard pour qui il dirige un projet de modélisation des Top Leaders en Europe,.…etc. Son approche, qui associe la PNL et la pensée systémique, garantit un apprentissage profond visant à englober la complexité et toucher le coeur d'un système humain.

Ce texte est le compte rendu d’une soirée animée par Jan ARDUI sur le thème «l’Art du coaching», rédigé par Jean-luc MONSEMPES

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