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PNL et niveaux logiques du stress
par Jean-Luc MONSEMPES


Hans SELYE, auteur du concept de stress, le définit comme « la réaction non spécifique du corps à toute demande qui lui est imposée ».
Pour la PNL, le stress est une nominalisation, un mot qui cache un processus, celui d’une réaction d’adaptation de notre corps aux événements de l’environnement. Le Stress est positif (Eustress) ou négatif (Distress) en fonction de notre capacité d’adaptation. Les événements qui déclenchent un stress négatif sont ceux qui nous poussent au delà des limites de notre flexibilité naturelle. Il est donc intéressant de considérer le stress négatif comme la conséquence du manque d’une ressource spécifique à chaque individu. Les stress prolongés sont à l’origine des symptômes et de nos maladies.

L’événement qui déclenche le stress, ou « facteur de stress », est multiple et spécifique à chaque personne. Ce qui stresse une personne peut être un défi stimulant pour une autre.
Identifier un facteur de stress permet d’exercer une influence sur ce dernier. Une façon pratique d’identifier les facteurs de stress consiste à les diviser en niveaux logiques, selon le modèle de Robert DILTS. En effet, le stress, comme les maladies, touche tous les niveaux de notre expérience.


NIVEAU

EXPERIENCE

QUESTIONS

Identité Integrée

Identité de rôle

Valeurs
Croyances

Capacités

Comportements

Environnement

Vision ou trans-mission

Mission

Motivations
Permissions

Coordianation et Direction

Actions

Réactions

Avec qui d'autre ?

Qui suis-je ?

Pour quoi ?
Pourquoi ?

Comment faire ?

Quoi faire ?

Où, quand, avec qui ?



Les facteurs liés à l’environnement

L’environnement se réfère à l’ensemble des contraintes physiques, morales, réglementaires auxquelles nous réagissons de façon favorable ou défavorable. Ces contraintes orientent nos réactions et répondent aux questions du ou et quand. Les facteurs de stress peuvent concerner les différents éléments de tri.

Lieux : les facteurs géographiques avec une surpopulation, la pollution sonore, de l’air et de l’alimentation, la nature de l’urbanisme, l’éloignement entre le domicile et le lieu de travail, les délocalisations, l’excès de bruits, l’aménagement des locaux et lieux de travail, les conditions climatiques avec le froid ou les fortes chaleurs, une ambiance de travail instable.

Informations : la densité de l’information, le rôle des médias, l’incertitude quant à l’issue d’un événement, une information médicale sur votre état de santé, la lecture d’un article.

Personnes : le relâchement des liens parentaux, conjugaux, familiaux et amicaux, les problèmes avec le voisinage, la solitude, les conflits de personne. Il existe de nombreuses études montrant que la qualité de nos relations exerce une influence considérable sur notre niveau de stress et notre santé.

Activité : le chômage et l’inactivité, le rythme de travail, la productivité accrue, les ruptures de l’équipe, les restructurations, les conditions de travail difficiles, le temps passé dans les embouteillages, les temps de transport.

Choses : les nouvelles technologies, le matériel défectueux, les médicaments absorbés, la présence de ligne à haute tension près de chez vous.

Une étude médicale a montré l’importance de l’environnement chez 46 patients opérés de la vésicule biliaire et placés dans une chambre avec fenêtre donnant soit sur un mur de brique, soit sur un mur d’arbres verts. Les patients ayant vue sur la nature quittèrent l’hôpital plus tôt que les autres, consommèrent moins de médicaments et présentèrent moins de complications.

Un bon moyen de gérer son stress est souvent de changer d’environnement, par exemple en partant en vacances, mais, bien sûr, à condition de savoir quoi faire (niveau des comportements), comment faire (niveau des capacités) pour se détendre dans cet environnement, attribuer de l’importance (niveau des valeurs) à l’objectif et, enfin, croire à la possibilité de sa survenue.

Les facteurs liés aux comportements

Ce niveau se réfère aux actions observables et aux tâches réalisées dans cet environnement et le stress est donc lié à ce que je fais ou ne fais pas.

Ce que je fais : travailler trop en trop peu de temps, boire de l’alcool, fumer, mal manger, travailler les WE, ne pas prendre de vacances, me coucher très tard, arriver en retard, dire oui quand je pense non, me mettre en colère, conduire trop vite, faire du bruit, recevoir de mauvais feed-back, partir à la dernière minute.

Ce que je ne fais pas : de l’exercice, regarder un film, me reposer, lire des romans, me coucher tôt, prendre des vacances, dire non…


Les facteurs liés à nos capacités physiques, mentales et émotionnelles

Ce niveau se réfère aux cartes mentales et stratégies cognitives que nous élaborons pour coordonner et donner une direction à nos actions. Ce sont nos habitudes. Se fabriquer de l’anxiété est une capacité qui consiste à imaginer une issue très désagréable à une situation à venir. Le stress est à ce niveau lié à l’absence d’un « savoir comment faire » ou d’une attitude mentale (comment faire ou comment ne pas faire quelque chose).

Je ne sais pas comment faire pour choisir une alimentation équilibrée, parler en public, manager, présenter un projet, prendre une décision, faire face à un délai ou un management autoritaire, donner mon avis aux autres, dire "non", parler à quelqu'un haut placé, répondre à la pression d'un client, apprendre l’informatique, reprendre des études, me détendre, demander de l’aide, exprimer mes sentiments, changer de travail, surmonter mon chagrin ou ma peur...

Je ne sais pas comment faire pour avoir plus de confiance en moi, être plus responsable, à l’écoute, logique, organisé, chaleureux, consciencieux, créatif, être moins timide, confus…


Les facteurs liés à nos valeurs et croyances

Les croyances sont liées aux permissions et nos valeurs à la motivation. Elles répondent aux questions du pourquoi (les causes) et du pour quoi (les conséquences). Les croyances influencent tous les niveaux de notre expérience et de notre santé. L'effet placebo montre que nous pouvons nous guérir si nous croyons en l'efficacité du traitement. Les valeurs représentent ce qui compte à nos yeux et que nous recherchons sans cesse à travers nos choix de vie personnels et professionnels : santé, sécurité, liberté, amour.

Exemple de croyances qui peuvent être source de stress : je ne suis pas digne de confiance, d’exister ou d’être aimé ; je ne suis pas assez compétent, je ne suis pas capable de ressentir, de satisfaire mes besoins matériels, physiques, émotionnels, d’être moi ; je ne suis pas responsable de mon destin ; je ne peux faire valoir mes droits à faire des erreurs, travailler, aimer mon prochain, ma famille, être logique, responsable, m’amuser, obtenir de la reconnaissance pour mon travail, faire respecter mon engagement, m’affirmer…etc

Exemples : « il faut travailler dur pour réussir, il faut s’occuper des autres avant de s’occuper de soi, il n’est pas possible de traiter l’anxiété, la relaxation ne marche pas »


Les facteurs liés à notre identité

L’identité est reliée au sens que nous donnons à notre rôle dans une situation et à notre mission dans la vie. L’identité se réfère également à un système de frontière entre nous et le monde extérieur. La meilleure ressource anti-stress est avant tout de savoir qui on est. Les stress identitaires sont donc fréquents et liés à la manière dont nous pouvons nous qualifier en tant qu’individu. Et nous nous accrochons tellement aux constituants de notre identité.

Par exemple : je suis un nul, un malade, un cancéreux, un fumeur, un alcoolique, un perdant, un stressé, un anxieux, un déprimé, un colérique, un émotif, un croyant, une personne rigide. Je ne suis pas un vendeur, un manager, un homme d’action.

Les stress identitaires sont engendrés par une fausse « persona ». La personne n’affiche jamais son vrai moi ou dissimule sa vraie nature en portant un masque. Ne pas être soi demande beaucoup d’énergie et peut générer une grande quantité de stress.


Les facteurs liés à notre spiritualité ou notre système d’appartenance

La spiritualité se réfère notre sentiment d’être relié à quelque chose de plus vaste que nous. La spiritualité nous donne le sentiment d'appartenir à nous-même en tant que système vivant et complexe et à des systèmes plus vastes de l'univers qui influencent notre santé. Le spirituel est lié à la vision et à la transmission de celle-ci et répond à la question « avec qui d’autre ? »

Par exemple, je ne suis pas relié : aux autres et je suis seul au monde, avec ceux qui m’aiment, ma famille, ma communauté de travail, mon pays, mes ancêtres, les autres croyants…
Je suis relié : aux autres personnes stressées, aux SDF, aux handicapés...



Les ressources pour faire face au stress


1. La flexibilité et le choix. Avoir des choix permet de faire face et de maîtriser les situations difficiles. L’anxiété est générée par la perception d’un manque de ressource pour s’adapter à une situation. A l’inverse, l’ennui est généré par la perception d’un excès de ressource par rapport à la situation. L’équilibre se trouve là ou les ressources sont appropriées aux difficultés à gérer. Vouloir dominer le monde extérieur génère un stress de pouvoir.
Il est utile de prendre conscience que nous ne pouvons influencer qu’une partie de notre zone de préoccupation. Chercher à influencer toute notre zone de préoccupation par une maîtrise excessive est associé à des maladies gastriques et cardiovasculaires. A l’inverse, ne pas chercher à influencer notre zone de préoccupation génère un sentiment d’impuissance qui accroît le risque de dépression.

2. La congruence. C’est un état de réunion et d’engagement des différentes parties de soi, avec une forte énergie pour agir vers la réalisation d’un but commun. A l’inverse l’incongruence est un état de division intérieure, avec une faible énergie pour agir. Un état d’incongruence avec un conflit interne influence le système immunitaire et l’apparition de multiples maladies infectieuses.

3. Le défi. Penser en termes d’objectifs et agir pour se rapprocher de la réalisation de ses buts et rêves, génère une forte énergie et une bonne prévention du stress.

Exercice : Définir vos facteurs de stress

Dressez la liste de ce que votre corps vous dit au sujet du stress et posez-vous les questions suivantes :
Quelle est la source du stress que la vie m’impose ? A quel niveau logique ce stress se situe-t-il ?
Quels sont les facteurs de stress sur lesquels vous pouvez exercer une influence ?
Quelles sont les ressources adaptées à chaque niveau de stress ?


Niveau

Facteurs de stress

Zone d'influence

Ressources

Identité Integrée
Identité de rôle
Valeurs et Croyances
Capacités
Comportements
Environnement


Une stratégie pour prendre en charge son stress

Le stress négatif est un feed-back utile pour faire des ajustements et rétablir un équilibre

1. Se synchroniser avec soi, et prendre conscience de ses sensations physiques

Accepter la réalité de cette sensation, même si sa présence n’est pas souhaitée.
Se concentrer sur l’incident stressant.

2. Donner du sens à l’incident stressant

Définir la cause du stress et son niveau de logique.
Chercher la signification ou l’intention positive de cet incident :
« Quelle est la signification de ce stress ? » ; « Quelle signification aimerais-je lui donner ? »

3. Définir des possibilités d’action

Préciser si l’incident se trouve ou non dans votre zone d’influence.
Concentrez vous sur ce qui est dans votre zone d’influence.
Quel est votre objectif et de quelle ressource disposez vous ?



Références

Ian Mc DERMONTT et Joseph O’CONNOR : Harmoniser votre corps et votre esprit avec la PNL - Ed Le jour Paris 1997

Robert DILTS, Tim HALLBOM et Suzy SMITH : Croyances et Santé - Desclée de Brouwer - La Méridienne 1994

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